Thérapie du comportement alimentaire

La thérapie du comportement alimentaire permet de retrouver une alimentation régulée. L’alimentation se trouve dérégulée après une période de régime. Celui-ci édicte un certain nombre de règles qui aboutissent à limiter ou exclure certains aliments, ou bien qui en recommandent d'autres qu'il faudra consommer de façon exclusive ou en plus grande quantité (le fameux « à volonté »). Certains aliments ou groupes d'aliments deviennent prohibés, tandis que d'autres deviennent plus ou moins obligatoires.
En définitive, faire un régime consiste à cesser d'obéir à ses penchants, ne pas manger ce vers quoi nous porte spontanément notre appétit, nos goûts, avoir au contraire une alimentation raisonnée, contrôlée par ses croyances.

 

La restriction cognitive
Lorsqu’on mange de façon contrôlée et non plus régulée, on se retrouve en restriction cognitive. La restriction cognitive consiste à manger sans tenir compte des informations que nous fournit notre organisme par le moyen des sensations de faim et de satiété. On mange selon des plans préétablis, dans des quantités préétablies. On ne fait donc plus confiance à son corps et à ses systèmes de régulation. Comme on mange moins afin de maigrir, la faim et l’appétence pour les aliments riches en calories s’en trouve exacerbée, ce qui oblige à une lutte permanente contre ses désirs alimentaires, ce vers quoi nous portent nos goûts. Ces appétences vont  entraîner une perte de contrôle. Après avoir craqué sur un aliment "grossissant", on abandonne tout effort de restriction et mange nettement plus qu'une autre personne dans les mêmes circonstances (le « fichu pour fichu »).

 

Les croyances alimentaires
On instaure des tabous alimentaires. Il est de tradition dans la quasi-totalité des régimes, de diaboliser certains aliments dits "grossissants", et d'idéaliser certains autres, qui sont censés faire maigrir ou en tout cas ne pas faire grossir. La tendance aujourd'hui est de s'en prendre aux aliments gras, alors qu'il y a une vingtaine d'année, on interdisait plutôt les aliments sucrés.
Mais le tabou institué sur certains aliments ne fait que les rendre plus attirants.
L'institution de tabous alimentaires favorise la perte de contrôle : dès lors qu'on aura consommé une petite quantité d'aliment tabou et qu'on aura transgressé l'interdit qu'on s'était fixé, on mangera sans limite. La règle du "tout ou rien" gouverne l'alimentation.

 

On se déconnecte de soi
Faire barrage à ses désirs alimentaires oblige à étouffer ses émotions et sensations, ses pensées personnelles, qui risqueraient de nous détourner de notre effort. Cette coupure avec son monde intérieur va de pair avec un centrage de l'attention sur le monde extérieur et les autres.
La restriction s'accompagne donc d'un état d'hypervigilance mobilisateur, qu'il n'est pas possible de maintenir en permanence. Les moments de perte de contrôle servent de soupape et permettent de renouer avec un monde de sensations et de plaisirs corporels.
La consommation des aliments interdits est vécue comme un moment douloureux dont on n'est pas véritablement responsable, mais dont on va se culpabiliser avec excès. Cela va créer un sentiment d’échec important pouvant allez jusqu’au dégout de soi…

 

La thérapie du comportement alimentaire
La thérapie du comportement alimentaire permet de repérer ses croyances alimentaires et de les confronter à ses expériences intérieures de faim et de satiété. On retrouve progressivement ses sensations et on apprend à les respecter.
C’est ainsi qu’on retrouve son poids naturel. Mais surtout, on se réconcilie avec l’alimentation. Celle-ci quitte son statut d’ennemi à combattre et on limite les obsessions liées à ce combat perdu d’avance. On se rend compte qu’on peut y arriver grâce à des sensations personnelles qu’on écoute et qui nous guident. Ce développement de confiance en soi permet un meilleur rapport à soi et augmente son niveau de satisfaction sur la vie.


L’objectif de la thérapie est donc une modification profonde de son rapport à l’alimentation.